Room

« Ma tête va exploser à force de croire à toutes ces nouvelles choses. « 

roomNe vous méprenez pas, je ne lis toujours pas en anglais… J’avais lu une ou deux critiques sur ce livre écrit par Emma Donoghue et je crois que c’est le thème du récit, la captivité, l’enfermement forcé, qui a retenu mon attention.

Ce texte est assez différent de ce que j’avais pu lire sur les relations entre bourreau et victime (souvent traité sous l’angle du syndrome de stockholm), notamment grâce à l’un des personnages principaux, un petit garçon. Il prend en charge le récit, et il faut avouer que ça m’a plutôt agacée au début, la parlure enfantine à gogo, ça va bien un moment ! Mais, comme j’ai toujours du mal à refermer un livre, éteindre ma liseuse, j’ai poursuivi ma lecture et finalement je ne l’ai pas regretté. Au bout d’un moment, finis les « monsieur table », « madame chaise », « monsieur lit », « doudou-lait » et j’en passe. Le petit garçon grandit pour le plus grand bonheur du lecteur (en tout cas, du mien ! ). Mais, on lui pardonne vite car Jack est enfermé avec sa mère dans une minuscule chambre, depuis sa naissance. Il n’a jamais connu autre chose, n’a jamais foulé d’autre sol que celui de cette pièce.

Alors, pour lui rendre l’existence plus supportable, sa maman lui raconte que le réel n’est constitué que de ce qu’ils connaissent et que les images vues sur Madame Télé  à la télévision ne sont que des illusions. Mais vient le jour où leur ravisseur, le grand méchant Nick, leur coupe l’électricité. Sa mère prend alors la décision de les faire sortir de la pièce, coûte que coûte. Pour cela, il faut d’abord faire comprendre à Jack que le monde du dehors existe et qu’il est préférable à l’univers qu’il a toujours connu.

Une fois dehors, la vie n’est pas forcément facile, ni pour Jack ni pour sa mère. Comment faire accepter l’enfant né d’un viol ? Comment se reconstruire ? Le roman pose finalement la question de la possibilité de la résilience pour Jack puisque normalement on survit à un traumatisme en se raccrochant à ce que l’on a connu avant.

Malgré un style particulier, qui peut rebuter plus d’un lecteur, vous l’aurez compris,  c’est un roman particulièrement intéressant, intelligent et bien construit qui rend hommage à la puissance de l’amour maternel et à la culture puisque c’est ce qui sauve Jack et sa mère de la barbarie et qui leur permet de faire partie intégrante de l’humanité, même enfermés et coupés du monde.

« Ils existent tous en vrai dans le monde de Dehors. Mais pas moi, moi et Maman on est les seuls qui y sont pas. On existe quand même pour de vrai ? »

Une lecture à compléter, si le thème vous intéresse, par le film A moi seule, réalisé par Frédéric Videau, avec Agathe Bonitzer (qui interprète l’un des personnages  dans Au bout du conte, actuellement au cinéma.)

Emma DONOGHUE, Room, Le livre de poche

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