Il n’y a point de génie sans un grain de folie…

Dès que j’ai vu la couverture de la bande dessinée sobrement intitulée Camille Claudel par Eric Liberge et Vincent Gravé, je savais que celle-ci allait me plaire. Et je n’ai pas été déçue.

C’est avec une certaine originalité que s’ouvre cet album : la vie de Camille est narrée par Paul Claudel, son frère cadet. Il raconte à des journalistes comment sa soeur est passée du statut de génie (souvent incompris) à celui d’aliénée.

La sculpture, cet « art terrible » a, pour le dramaturge mystique, causé la perte de sa soeur, entraînée par Rodin, son amant et son maître, dans une spirale infernale jusque dans la folie.

On croise d’autres artistes dans cet album : Paul Claudel, bien sûr, partagé entre sa carrière politique, sa foi et ses aspirations littéraires, mais aussi Rodin, par la force des choses, Monet ou encore Debussy, amoureux fou éconduit par Camille (ce que j’ignorais jusqu’alors)…

Ce que cette BD met particulièrement bien en évidence, c’est la difficulté d’être autre dans un monde sclérosé par la bienséance et les convenances. Camille a par exemple très vite été mise à l’écart de sa famille (et ses relations très houleuses avec sa mère en témoignent) parce qu’elle voulait être une artiste à l’égale des hommes et avoir elle aussi, la possibilité de peindre des nus sans pour autant être taxée de dépravée… Les difficultés matérielles côtoient les critiques acerbes parues dans les journaux, la souffrance de n’être que l’amante de Rodin et d’être sans cesse rejetée par la société. La paranoïa et la folie deviennent donc un refuge pour l’artiste qui se réfugie dans son monde, persuadée d’être en danger…

C’est donc l’histoire d’un amour fou, celui de la sculpture, celui éprouvé pour un homme plus âgé, d’une passion qui lentement, inexorablement a conduit cette artiste à sombrer dans un abîme où seule une frontière tenue sépare la folie du génie…

J’ai été, en revanche, surprise par le graphisme qui contraste avec l’illustration de la couverture… Il n’en est pas moins intéressant car les détails fourmillent dans chaque bulle et on trouve de nombreux clins d’oeil aux oeuvres de Camille Claudel et de Rodin.

A découvrir !

Eric Liberge et Vincent Gravé, Camille Claudel, éditions Glénat

Il n’y a point de génie sans un grain de folie…

4 réflexions sur “Il n’y a point de génie sans un grain de folie…

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