Pablo avant Picasso

 » C’est ça que je veux peindre : la vérité pourrie sous les habits de fête. »

Julie Birmant et Clément Oubrerie ont publié récemment le premier tome de la série Pablo (en 4 volumes) intitulé Max Jacob. Cette bande dessinée reprend la biographie du célèbre peintre espagnol.

L’histoire commence lorsque Pablo n’est pas encore connu. Celui-ci arrive à Paris, en 1900, pour l’Exposition universelle, accompagné d’un de ses amis, Carlès Casagemas. Ils découvrent ensemble la vie de bohème qui s’oppose totalement à ce qu’ils avaient connu auparavant : « On était à des années lumière de l’Espagne austère et pudibonde. »

Ce premier volume retrace en fait les événements qui ont conduit Picasso à faire la rencontre de Fernande, compagne du peintre au début de sa période cubiste. Au fil des pages, le lecteur suit tantôt cette jeune femme, d’abord mariée de force à un homme vulgaire, victime des sévices quotidiens infligés par son époux, obligée de fuir,  tantôt le jeune Pablo qui va de découverte érotique en découverte picturale.

L’un des intérêts majeurs de cette BD réside dans le fait que l’on assiste à l’évolution artistique du peintre. Ses toiles, d’abord plutôt classiques, vont peu à peu prendre la forme de celles que l’on admire encore aujourd’hui. Effectivement en lisant les poètes maudits, Pablo réalise que son art « pue l’artifice » et que la mort est omniprésente. « Derrière ces masques, il y a la maladie, derrière le désir : le désespoir. » Cette prise de conscience va bouleverser Pablo et sa manière de peindre. Pendant ce temps, il fait la rencontre du poète Max Jacob, tombé amoureux de son regard lors d’un vernissage, qui le prend sous son aile.

J’ai beaucoup aimé le jeu des auteurs avec les différentes langues : les bulles blanches renvoient aux paroles prononcées en français tandis que les grises renvoient au catalan. La palette des couleurs est assez étendue et les personnages très expressifs.

Un beau premier volume non dénué d’humour, signe d’une série prometteuse ! Vivement le deuxième tome ! 

Birmant et Oubrerie, Pablo, T.1 – Max Jacob, éditions Dargaud, 16,95 €

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Pablo avant Picasso

2 réflexions sur “Pablo avant Picasso

  1. Picasso a été mon peintre préféré pendant 10 ans! (encore une de mes fameuses « période », comme en littérature les arts en général n’y échappent pas! 😉 ). C’est étonnant de voir les premiers tableaux de Picasso : à 15 ans, il peignait déjà comme le splus grands. Comme quoi une bonne base classique est indispensable pour développer un style par la suite (en plus du génie bien sûr!).
    Sinon, j’ai adoré le garçon dans la lune (ta lecture en cours)!

    1. Effectivement, j’ai été surprise en découvrant les tableaux « classiques » de Picasso il y a quelques années car je ne connaissais que ses toiles cubistes! J’espère que Le Garçon dans la lune me plaira aussi 🙂

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