Des amours médiévales

« Qui aime loyalement est plongé dans la douleur et l’anxiété, quand les désirs ne sont pas satisfaits. »

Les jours passent et le challenge amoureux organisé par l’ Irrégulière arrive bientôt à sa fin… Comme il me reste encore trois catégories à illustrer, j’ai eu envie de relire Le lai du Chèvrefeuille écrit par Marie de France (en anglo-normand, c’est plus original! ), l’une des plus anciennes poétesses de langue française.

Composés vers 1160 à partir d’anciens contes bretons, les lais  sont des récits d’amour où le merveilleux côtoie le monde courtois et aristocratique.

Le lai du chèvrefeuille retrace en réalité une partie de l’histoire d’amour mythique de Tristan et Iseult.

Tristan, exilé par le roi Marc suite à son aventure avec la reine Iseult, se rend en Cornouailles pour tenter de voir sa bien aimée. Il guette son passage dans la forêt et invente un stratagème pour pouvoir communiquer avec elle. Sur une branche de coudrier (notons la symbolique phallique au passage !), il grave une déclaration somme toute assez végétale qui évoque les liens unissant le coudrier et le chèvrefeuille qui a tendance à s’enrouler autour des branches ( le sous – entendu est assez explicite !). Car si le chèvrefeuille et le coudrier peuvent coexister très longtemps ensemble,dès l’instant où l’on les sépare, les deux végétaux se décomposent.

Lorsque la reine Iseult voit le message « Bele amie, si est de nus / Ne vus sanz mei, ne jeo sanz vus » ( Belle amie, ainsi en est-il de nous : ni vous sans moi, ni moi sans vous), elle comprend immédiatement que Tristan l’a rédigé et va le rejoindre pour de douces retrouvailles (et tout est dans la suggestion du texte médiéval ! )…

Ce lai est assez court mais offre une variante particulièrement intéressante de cet épisode de Tristan et Iseult (le fait qu’il soit en ancien français n’ est pas étranger à mon plaisir.) et met vraiment en lumière toute la passion des deux amants, même si celle-ci peut paraître artificielle puisqu’elle n’est liée qu’à un philtre d’amour , élément que Marie de France a d’ailleurs choisi de passer sous silence comme pour rendre leur amour encore plus beau.

Billet rattaché au Challenge amoureux, catégorie « Histoire d’amour mythique ».

Publicités
Des amours médiévales

6 réflexions sur “Des amours médiévales

  1. Je me souviens avoir étudié ce recueil en Ancien français et la lecture des lais étaient assez plaisantes. Par contre je me souviens plus très bien du lais chèvrefeuille, sauf des références sexuelles (dans tous les lais) qui sont éparpillées avec une certaine subtilité amusante.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s