L’astre métis

Six  ans après le lancement de la revue Borborygmes, l’un des poètes fréquemment présent dans ces pages, Arthur Bidegain, publie un recueil de poésie intitulé L’Astre métis. Pour cette occasion, un artiste, David Clerc a réalisé une série de gravures sur bois qui accompagnent et complètent la lecture de textes. Jean-Claude Pirotte, l’un des plus grands poètes contemporains a préfacé ce livre.

L’Astre métis est un recueil poétique composé de courts textes s’inscrivant dans le champ de la poésie contemporaine à plus d’un titre.

La préface de Jean-Claude Pirotte semble placer chacune des pièces sous une bonne étoile, sous des astres bienveillants pour reprendre le titre du recueil.

Il explique que pour lui, ces textes mettent en scène « de petits mouvements du langage », des « brins de musique » qui renvoient tour à tour à l’identité du même et de l’autre.

Arthur Bidegain, comme tout poète, accorde une grande importance aux images. Tout d’abord bien sûr à celles qui sont évoquées en puissance par les mots et les alliances singulières qui naissent sous sa plume mais aussi grâce à sa collaboration avec l’artiste graveur David Clerc. Les images poétiques côtoient donc les images à proprement parler. Ces gravures sur bois viennent offrir une certaine pause au lecteur et l’invitent, s’il le souhaite, à relire les poèmes sous un nouvel éclairage. La plupart des gravures représentent la nature et plus particulièrement des arbres, avec des variations d’intensité entre le noir et le blanc.

 Ces gravures reprennent le thème de la confrontation entre la ville et la nature. On les devine parfois  sous ce « ciel sauvage » dont parle Arthur Bidegain.

Le « tu » est omniprésent dans ces textes et renvoie sûrement à un « être à plusieurs têtes » : l’autre, l’autre que l’on aime, l’autre que l’on cherche, l’autre qui est en nous-mêmes… mais ce « tu » est probablement aussi un appel au lecteur comme dans la dernière pièce qui se termine par un point d’interrogation, un des rares signes de ponctuation du recueil.

Jean-Claude Pirotte comparait les textes de Bidegain à des « brins de musique ». Effectivement, si les rimes « traditionnelles » sont très peu présentes, la musicalité des poèmes est souvent prise en charge par les répétitions vocaliques ou consonantiques comme on peut le remarquer par exemple dans l’extrait suivant, saturé d’allitérations en [b]:

« sous la brume qui bruine le passé

les souvenirs de barbares de baisers et

de neige… »

Ces poèmes semblent aussi s’interroger sur le vers : de nombreux textes présentent des enchaînements de mots que l’on pourrait qualifier de « vers éclatés », signes d’une rupture, d’un manque :

« si tu pars envoie

moi des écailles de

dragon

que je puisse m’envoler ».

Entre présence du Je et absence de l’autre, rencontre amoureuse et souvenirs, l’homme est pressenti comme un « apprenti » sur Terre, souvent un peu perdu alors que le bonheur semble être malgré tout à portée de main. Cependant, l’angoisse peut se faire jour dans ces poèmes partagés entre une quiétude relative et les « soupirs de Dionysos » qui donnent naissance à une « harmonie (…) parsemée d’astres métis. »

 Arthur BIDEGAIN, L’Astre métis,  éditions Quelques mots,  60 pages, 12 euros

Merci aux Agents littéraires et aux éditions Quelques mots  pour ce partenariat !

L’astre métis

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