Georges et la mort

 » A force de traîner avec cet homme-là, je devenais faible. J’attrapais toutes sortes de maladies comme la peine, la joie, la tristesse et d’autres saloperies comme ça. »

J’ai découvert il y a peu un roman graphique un peu décalé et très original : Georges et la mort de Blaise Guinin.

A l’occasion du trentenaire de la mort de Georges Brassens, l’auteur a eu l’idée d’écrire une biographie romancée et illustrée du célèbre chanteur français en prenant comme point de départ l’importance que la mort, réelle ou à l’état d’idée, a eu dans la vie et la carrière de Brassens.

Un beau matin, la mort, petit personnage allégorique se retrouve face à un dilemme : comment faire pour tuer un musicien qui l’a séduite par ses chansons ? C’est alors que la grève commence ! Après avoir goûté à la beauté de la musique, la mort ne peut plus faire son travail : elle veut à tout prix entendre de nouvelles chansons même si, selon le chat noir tentateur qui la suit partout, elle risque d’être « renvoyée pour faute grave » !

Le roman graphique a un côté très burlesque (dans le sens où il traite un thème grave, sérieux, sur un mode léger voire comique). Les personnages, tout en rondeurs dans les tons mordorés, adoucissent et  dédramatisent la mort tout comme le font la poésie ou encore l’humour, très présent. Les jeux de mots, sur la mort tout particulièrement, côtoient les nombreuses références aux chansons de Brassens comme le clin d’oeil « les copains à bord » pour « les copains d’abord » ou le fameux « il me (le/la) faut! ».

On retrouve aussi un cheval blanc dès la première page, Jeanne est présentée comme un personnage essentiel pour le chanteur et on croise des « amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics » et un gorille dans une cage ! Au lecteur de retrouver ces références toujours suggérés plutôt qu’appuyées.

Mais surtout, c’est de la « mauvaise réputation » dont il est question tout au long du roman graphique. Brassens est rejeté par les habitantes du village, qui le traitent de pervers tout en s’ébattant avec leurs amants. L’hypocrisie et l’exclusion sont des thèmes centraux qui soulignent la difficulté qu’a eue Brassens à percer dans le monde de la chanson.

Un roman graphique en forme d’hommage, mi-fantaisiste mi-sérieux, à l’humour parfois un peu noir… qui ne plaira pas à tout le monde, certes, mais qui me semble tout de même presque nécessaire lorsque la mort est le personnage principal d’un roman ou d’une B.D… Une belle découverte !

Blaise GUININ, Georges et la mort, éditions 12 bis

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Georges et la mort

5 réflexions sur “Georges et la mort

  1. Je ne pense pas que ce soit le tricentenaire de la mort de Georges Brassens, je ne sais pas comment on le dit (trente ans) mais ce n’est pas tricentenaire.
    Pas trop pour moi ce genre de livres.
    Bonne semaine.

      1. En écrivant mon commentaire j’avais eu peur que tu ne sois vexée mais je pense que non. Au moins comme cela je sais que c’est le trentenaire (et c’est tellement évident).
        A très bientôt sur les blogs.

      2. Ne t’inquiète pas pour ça ! Tu as eu raison de me le faire remarquer, au contraire, plutôt que je laisse une énormité pareille ! 🙂

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