La maison où je suis mort autrefois

La maison où je suis mort autrefois est un roman de l’ écrivain japonais contemporain, Keigo Higashino, plusieurs fois récompensé par des prix européens pour sa production. Ce roman a reçu le prix polar international de Cognac en 2010.

Tout commence lors d’une réunion d’anciens camarades du lycée. Le narrateur retrouve son ancienne petite amie, Sayaka, qui s’est mariée et a une petite fille. Très vite, ils reprennent contact et Sayaka demande une faveur un peu spéciale au narrateur : à la mort de son père, elle a reçu une clé à tête de lion et un plan conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes. Elle a l’intime conviction de devoir impérativement se rendre à cet endroit pour pouvoir retrouver la mémoire. En effet, elle souffre d’une amnésie et ne se souvient de rien avant ses cinq ans…

Les deux personnages partent donc dans cette maison, sur les traces d’un passé mystérieux qui se révèlera très vite inquiétant. Mais ce voyage d’un seul week-end est avant tout un voyage dans le passé, un voyage au cœur des origines. Les retrouvailles cèdent donc la place à une sorte de thriller psychologique qui sème le lecteur dans les méandres de la mémoire.

Le roman aborde des thèmes graves : la mort, la construction de l’identité mais aborde aussi la maltraitance et les contraintes de répétition que Sayaka fait subir à son enfant. Du thriller à proprement parler on retrouve la fameuse maison isolée, le huis-clos, l’omniprésence de la mort qui rôde et la découverte d’ indices (le journal du petit garçon, les objets laissés par les habitants de la maison…) que les personnages devront analyser comme des enquêteurs.

 J’ai aussi été séduite par l’ atmosphère assez particulière qui instaure un climat angoissant « le diable pourrait habiter ici » et le temps semble suspendu (toutes les horloges sont arrêtées à 11h10)…

Plus qu’un polar traditionnel, c’est un roman qui consiste en une longue anamnèse, au travail que Sayaka fait dans cette maison pour retrouver ses souvenirs et comprendre d’où elle vient. Elle doit apprivoiser cette maison pour pouvoir retrouver le chemin des événements occultés. La métaphore de la maison-mémoire est longuement développée dans le récit, comme celle de la « mémoire coffre-fort », et est assez bien résumée par Sayaka elle-même : « Il y a un mur dans  ma tête et je n’arrive pas à le franchir. ». Nos mécanismes de défense sont également évoqués et le travail de censure de l’inconscient est révélé plusieurs fois « comme si je m’interdisais moi-même de m’en souvenir. », ce qui donne au récit une aura supplémentaire.

Le roman est construit selon une forme assez intéressante pour un polar car on a souvent l’impression que le dialogue entre le narrateur et Sayaka a des échos de maïeutique : le narrateur aide Sayaka à « accoucher de son esprit » comme le faisait Socrate avec ses disciples.

Un très bon « thriller psychologique », original, hybride, complexe et riche. A découvrir !

Billet rattaché au challenge « Thriller » organisé par Cynthia.

La maison où je suis mort autrefois

2 réflexions sur “La maison où je suis mort autrefois

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