Concerto à la mémoire d’un ange

Depuis que j’ai découverts les romans / pièces / nouvelles d’Eric – Emmanuel Schmitt, les lectures de ses oeuvres ne m’ont quasiment jamais déçues (à part Odette Toulemonde peut être !) et ce n’est pas Concerto à la mémoire d’un ange qui me fera changer d’avis sur cet auteur !

Il s’agit d’un recueil de quatre nouvelles de tons bien différents (L’Empoisonneuse, Le Retour, Concerto à la mémoire d’un ange & Un Amour à l ‘ Elysée)  qui gravitent cependant autour de thèmes communs :la mort et la liberté. Ce livre pose la question fondamentale de l’évolution voire du changement d’un être : peut-on radicalement changer, devenir autre ?

Les personnages d’Eric – Emmanuel Schmitt sont souvent seuls dans le sens où ils manquent les rencontres avec autrui car aucun des personnages ne vit ou ne ressent des sentiments similaires en même temps. Dans le journal d’écriture suivant les nouvelles, Schmitt explique d’ailleurs qu’il aurait pu intituler son livre Les décalages amoureux.

Dans L’ Empoisonneuse par exemple, une serial killer provinciale tombe sous le charme d’un très jeune prêtre et tente de le séduire avec les récits de ses crimes tandis que Le Retour met en scène un marin apprenant la mort d’une de ses filles. Le lecteur le suit, passant d’interminables heures à se demander laquelle de ses quatre filles est décédées et quelle mort lui causerait le moins de peine …

Dans la nouvelle Concerto à la mémoire d’un ange, on assiste au désir de domination et de vengeance de deux anciens virtuoses qui  évoquent le duo d’Abel et Caïn. C’est dans cette nouvelle que la question du changement est le plus développée même si on la retrouve dans la nouvelle Un amour à l’Elysée mettant en scène le déchirement du couple présidentiel.

On croise donc des personnages qui sont mi anges-mi démons, tout n’étant qu’une question de point de vue ou d’époque.

Ces nouvelles sont aussi placées sous l’égide de Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, figure qui hante, de manière différente, chacun des principaux personnages. Ces nouvelles font donc partie d’un tout, d’une seule oeuvre et seraient incomplètes si elles étaient lues séparément.

« Contrairement à ce que l’on pense, un livre de nouvelles est vraiment un livre, avec un thème et une forme. Si les nouvelles ont une autonomie qui permet qu’on les lise séparément, elles participent chez moi d’un projet global, lequel a son début, son milieu et sa fin. »

J’ai également apprécié de découvrir le journal d’écriture que Schmitt a tenu pendant la rédaction de son recueil de nouvelles : il y livre des propos intéressants sur le genre de la nouvelle, souvent décrié, le comparant au roman et au théâtre.

« La nouvelle est une épure de roman, un roman réduit à l’essentiel »

Il développe aussi les effets de l’écriture sur lui en expliquant qu’il lui est difficile de ne pas se sentir hanté voire habité par un de ses personnages au cours de la rédaction d’un livre.

En quelques mots, ce recueil offre bien sûr un agréable divertissement de qualité  mais possède aussi une dimension réflexive qui invite le lecteur à porter un autre regard sur ces courts textes.

Eric – Emmanuel Schmitt, Concerto à la mémoire d’un ange, Le livre de poche

Concerto à la mémoire d’un ange

Une réflexion sur “Concerto à la mémoire d’un ange

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s