Une photo, quelques mots # 7

Cette semaine, Leiloona a choisi pour son atelier d’ écriture une photo (toujours signée Kot) qui nous invite à monter le son de la chaîne hifi 😉

(c) Kot

La nuit était tombée depuis déjà longtemps et il ne lui restait plus que quelques heures avant de partir pour l’aéroport. La décision avait été un peu longue à prendre, mais finalement s’était imposée d’elle-même. Sa place était parmi les siens, chez lui, dans sa ville. Il voulait à nouveau fouler le sol de sa terre natale. Même si son poste lui plaisait et qu’il avait rapidement pu sympathiser avec de nombreux autres musiciens de la MJC, sa vie n’était pas ici. Il était fier. Fier d’avoir appris une partie de ce qu’on lui avait transmis, fier d’avoir pu le partager, fier d’avoir été apprécié comme un professeur de guitare. Mais à quoi bon continuer en se languissant  alors qu’il savait qu’il serait plus heureux  au Ghana et qu’il pourrait fonder une association voire peut-être monter une école de musique ?

Ce soir, il avait ressenti une profonde mélancolie l’envahir peu à peu. Il avait l’impression de ne pas avoir terminé ce qu’il avait à faire en France. Bien sûr, il reviendrait, ne serait-ce que pour montrer la neige à ses enfants, mais ça ne serait plus la même chose…

Il prit sa guitare, mit ses billets d’avion dans son sac et sortit. Il s’assit là où il s’était installé le matin de son arrivée et commença à jouer. La rue était quasiment déserte. Durant plusieurs heures, il joua de toutes ses forces, avec toute la passion qui l’habitait, un peu comme on prendrait congé d’un être cher que l’on ne reverrait pas avant plusieurs longues années…

Une photo, quelques mots # 7

9 réflexions sur “Une photo, quelques mots # 7

  1. Ton texte réussit à nous faire entrer très rapidement dans l’esprit de ce personnage. Quand on termine cette lecture, on est à la fois triste de quitter cet endroit, mais aussi fort de cette musique. 🙂

  2. j’aime cette écriture … l’histoire aussi …

    les musiciens que je connais, africains ou métis, n’ont pas de nostalgie en traversant gibraltar … leur musique est innée et leurs racines ancrées …

    le tien, plus sensible, pose un pied sur chaque continent … partagé …

    jolie histoire, ouais …

  3. Quand on aime il faut partir
    (Blaise cendrars) : il faut partir pour savoir ce que l on aime vraiment ,et puis revenir et puis repartir , Tres beau texte sur la difficulté de partir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s