Contes du jour et de la nuit

La préparation de mes cours me donne souvent l’occasion de relire des classiques… C’est le cas des Contes du jour et de la nuit de Maupassant. Une vingtaine de « contes », dans le sens de « nouvelles » nous sont dévoilés dans ce recueil que l’on lit très rapidement (argument ayant très fortement intéressé mes élèves 😉 ). On peut redécouvrir des textes très connus comme La Parure mais aussi d’autres qui le sont bien moins comme Confidence ou Un lâche.

Ces brefs récits sont profondément ancrés dans le réalisme : on y croise quelques marginaux (un ivrogne par exemple), des paysans, des veufs et des veuves, des parents célibataires… C’est la triste réalité, parfois sordide que nous peint Maupassant : l’adultère, le crime, la vengeance ou encore la violence gratuite (comme dans Coco où Zidore, le garçon de ferme s’acharne sur un vieux cheval)…Les femmes sont souvent abandonnées pendant leur grossesse…Pour paraphraser Stendhal, ces nouvelles reflètent bien plus souvent « la fange » que « l’azur des cieux »…Les plus vils défauts des hommes sont d’ailleurs l’objet d’un traitement ironique sous la plume du narrateur. Une seule nouvelle au titre éloquent « Le Bonheur » retrace une vie heureuse. La vie étant l’alliance du meilleur comme du pire, Maupassant a voulu inscrire dans son titre la dualité de ses contes comme pour souligner qu’on ne peut pas réduire le réalisme à l’exploration des travers de l’homme.

La cruauté, l’ironie du sort, est toujours bien présente… Après s’être sacrifiée par amour pour son défunt fiancé, une femme apprend de sa soeur, sur son lit de mort, que c’est elle qui l’a empoisonné ! Maupassant a le secret des histoires terrifiantes, non par le climat qu’elles instaurent (à l’exception de la nouvelle La Main, beaucoup plus proche du fantastique que du réalisme), mais par les retournements de situation. Très souvent les personnages sont accablés par leur destin. On est bien loin de l’idéalisation de certains romans de l’époque.

Trois des nouvelles se passent sous le soleil de Corse dont la fameuse Une vendetta, mais le cadre est très souvent campagnard ou parisien.

Ces « contes » offrent au lecteur une variété de registres impressionnante. En quelques pages, Maupassant réussit à croquer un univers et à emporter le lecteur vers des horizons dépaysans, et c’ était bien l’une des principales gageures pour des romanciers s’inspirant du réel.

A lire et à relire !

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Contes du jour et de la nuit

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