Une photo, quelques mots # 4

Ce lundi, Leiloona et Kot nous proposent un cliché où l’on peut voir une vieille dame avec un regard très spécial !

(c) Kot

Ca y est, c’était fait. Elle était partie. Depuis sept heures du matin, elle avait pris deux bus, le tram et elle était maintenant dans le métro. Bien sûr, elle était fatiguée car elle n’avait pas dormi de la nuit et ses jambes la faisaient souffrir mais qu’importe ! Dans quelques dizaines de minutes elle serait à l’aéroport , dans quelques heures dans l’avion et alors, adieu la panoplie de pluie ! Autour d’elle, les gens semblaient tristes et de mauvaise humeur. Cela ne la touchait pas. Elle continuait à sourire en pensant à sa petite fille, qu’elle allait enfin revoir. Deux ans plus tôt, elle avait mis au monde un petit garçon. Nathanaël. Dans moins de vingt quatre heures, elle le serrerait dans ses bras et lui offrirait le gros camion de pompier qu’elle avait acheté trois mois auparavant et caché sous le lit. Victor ne l’avait pas vu. De toute façon, elle savait qu’il ne pouvait pas le découvrir, lui qui ne décollait pas de la télévision.  Ah il pourrait regarder Thalassa ce soir , une spéciale « îles des tropiques » ! Elle, c’est avec ses pieds nus qu’elle foulerait le sable chaud pendant qu’il s’extirperait avec lenteur des profondeurs du canapé ! Ca faisait cinq ans, depuis que leur petite fille était partie vivre sur cette île, qu’elle lui demandait, le suppliait, le tannait, tous les jours, pour qu’ils aillent la voir ne serait-ce qu’une semaine. Et c’était toujours la même rengaine « Il fait trop chaud pour des personnes âgées là bas. J’ai peur de l’avion. On ne connaît pas le compagnon de Louise. » Toujours le même refus depuis toutes ces années. Alors il y a six mois elle avait pris une décision. Elle irait voir sa petite fille et son arrière petit fils quand même. Et Victor n’en saurait rien jusqu’à son départ. Elle regarda sa montre et sourit en imaginant la tête déconfite de son mari, venant juste de se lever,  trouvant une lettre expliquant la raison de son absence et un billet d’avion. Elle avait emporté les cartes bleues et les chéquiers, ne laissant bien en évidence que 50 euros sur la table de la cuisine. Juste de quoi payer le taxi pour l’aéroport. Ah ce qu’il fallait être maligne quand on avait épousé un pantouflard !

Une photo, quelques mots # 4

6 réflexions sur “Une photo, quelques mots # 4

  1. C’est vraiment une belle histoire ! Parfois, il suffit de forcer le destin… et tant pis si son mari décide finalement de rester au bord de la route ! J’aime beaucoup !

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