L’Elégance du hérisson

L’Elégance du Hérisson peut rebuter plus d’un lecteur potentiel : c’est d’abord un roman dont on a énormément (trop ?) parlé depuis plusieurs années, grâce notamment à son adaptation au cinéma.

Le début du roman tourne autour de notions philosophiques et offre une avalanche de termes assez complexes mais qui m’a semblée surfaite.

Quoiqu’il en soit, lorsque l’on s’aventure plus avant dans la lecture de ce roman de près de 400 pages, on est confronté à la notion des voix : celle d’une concierge, Renée Michel, et celle d’une petite fille d’une douzaine d’années, Paloma ; mais aussi à la question des points de vue sur l’appréhension d’une même réalité… et c’est pour moi le côté intéressant du livre.

Dans un immeuble huppé vivent des bourgeois satisfaits et des bourgeois en souffrance (Paloma, le jeune drogué…) qui cohabitent avec ceux que l’on décrits habituellement comme de petites gens : la concierge, la femme de ménage portugaise, Manuela.

Dès le début, la concierge s’amuse à singer les clichés habituels à propos des concierges (son mari va jusqu’à être mort pour les satisfaire !) et pour empêcher la vérité d’éclater au grand jour : le monde n’est pas tel que voudraient nous le faire croire les bien-pensants.

Au delà de la mise en scène des clichés ou de la dénonciation des clichés comme on nous le souligne de nombreuses fois au début du roman, somme toute relativement agaçante, on trouve des réflexions et une  poétique certaine au fil des pages. Cette poétique emprunte beaucoup à l’univers du japon (le rituel du thé) et  à l’épicurisme avec le carpe diem comme moyen d’accéder à la beauté.

La rencontre de Renée avec autrui (à l’exception de Manuela) ne se fait qu’assez tardivement dans le récit grâce au personnage de M. Ozu et de la petite Paloma. Mais dès l’instant  où elle prend conscience du tournant positif de sa vie, un accident mortel se passe comme le laissaient préfigurer certaines citations du récit :

« Parce que ce qui est beau, c’est ce qu’on saisit alors que ça passe. C’est la configuration éphémère des choses au moment où on en voit en même temps la beauté et la mort »

« C’est peut-être ça être vivant : traquer des instants qui meurent. »

« Ce qu’il faut vivre avant de mourir, c’est une pluie battante qui se transforme en lumière »

« Je me dis que finalement, c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même. C’est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèse dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais. Oui, c’est ça, un toujours dans le jamais. »

Muriel Barbery, L’Elégance du hérisson, Gallimard, 2006

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L’Elégance du hérisson

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