Mes petites morts

Le titre de ce très court roman d’Elsa Fottorino définit d’emblée le sujet du récit : l’amour. Mais à défaut d’évoquer la volupté, c’est plutôt la souffrance d’aimer et les relations impossibles qui sont développées.

Anna, une jeune femme, quitte Paris pour la ville de Cork, en Irlande. Elle fait alors la rencontre d’un mystérieux jeune homme, Marek. Très vite, ils comprennent que leur relation est vouée à l’échec. Marek, en effet, est gravement malade mais refuse de l’avouer à celle qui habite ses pensées.

Anna fait ensuite la rencontre d’Otto, un musicien, qui va tomber éperdument amoureux d’elle….Leur relation stagne, la jeune femme n’éprouve pas de sentiments pour lui et pense toujours à Marek d’autant plus qu’ils se voient très souvent. Le couple Anna-Otto, plutôt décrit par le personnage féminin comme un « assemblage » ne cesse de se heurter aux réticences qu’elle oppose à l’amour fou du jeune homme. Le bandeau présent sur la couverture  » Le couple est-il la meilleure façon d’aimer ? » prend alors tout son sens, car le véritable amour, celui qui est impossible dans le roman, est celui qui est vécu par chacun des personnages, dans l’ombre. En effet, Marek et Anna atteignent « les limites de l’amour désincarné. »

Certes, l’amour qu’Anna porte à Marek est bien plus fort et plus réel que la sympathie destinée à Otto, mais le roman ne répond pas vraiment, me semble-t-il, à cette question quelque peu accrocheuse (même si je sais bien que l’auteur n’a probablement pas délibérément choisi qu’il soit là…) … Les deux êtres qui s’aiment ne pouvant pas vivre ensemble, forcément ils ne peuvent pas s’aimer en couple… mais la meilleure façon d’aimer est-elle pour autant de s’aimer, sans vivre une vraie relation, chacun de son côté ?

La fin du récit m’a laissé un goût amer, malgré quelques beaux passages comme celui- ci :

« Je me suis souvent demandé s’il existait un seuil au delà de l’intolérable. Je sais maintenant qu’il existe et que c’est la vie elle-même. »

Mes Petites morts est le premier roman d’Elsa Fottorino, publié lorsque celle-ci avait 23 ans. J’ai eu  un peu de mal à apprécier son style, parfois un peu trop ampoulé ce qui avait tendance à amoindrir la force des propos ou des sentiments des personnages. Elsa Fottorino est malgré tout un auteur dont je suivrai probablement, en espérant que ses prochains titres soient à la hauteur de mes attentes quant aux thèmes abordés !

Billet rattaché au challenge amoureux de l’irrégulière ( catégorie histoire d’amour qui finit mal)

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2 réflexions sur “Mes petites morts

  1. La phrase du bandeau et la citation que tu donnes, ainsi que tout ton billet, en fait, suscitent ma curiosité et me donnent vraiment envie de le lire !

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