Quelqu’un d’autre

Il y a quelques semaines, Pimprenelle nous proposait de découvrir un auteur contemporain, Tonino Benacquista. J’avais déjà lu La Boîte noire et autres nouvelles, j’ai donc eu envie de lire un de ses romans les plus connus : Quelqu’un d’autre.

Sous un titre un peu mystérieux, se cache un roman, agréable à lire, qui questionne notre identité et plus particulièrement la part d’altérité que nous avons en nous-mêmes.

Tout commence le plus banalement du monde : deux hommes, Thierry Blin & Nicolas Gredzinski, discutent dans un bar, après une partie de tennis, et se rendent compte qu’ils aspirent à devenir autres qu’eux mêmes, à se métamorphoser en un autre rêvé, fantasmé, « celui que [nous n'avons] jamais eu le courage de faire naître. »  Les deux personnages se lancent une sorte de défi : devenir cette personne qu’ils voudraient être, et se fixent un rendez-vous trois ans plus tard pour voir où les aura menés leur défi.

Mais comment s’y prendre ? Et que peut-on attendre d’une pareille transformation ? N’est-ce pas dangereux ? Voilà trois questions auxquelles Benaquista tente de répondre à travers sa fiction.

La narration alterne entre les deux récits portant sur la vie de chaque personnage. Tandis que Thierry Blin choisit de disparaître pour pouvoir mieux renaître sous d’autres traits, Nicolas devient progressivement un autre, peu à peu rongé par sa découverte de l’alcool.

Un des passages que j’ai préférés est celui où Thierry Blin, devenu Paul Vermeiren, se rend à une réunion organisée en son honneur, un an après sa « disparition ». Le personnage tombe des nues et découvre alors ceux qui l’ont aimés à son insu…

« Y avait-il un seul rendez-vous au monde plus fascinant que celui-là? »

et est engagé comme détective privé pour retrouver sa propre trace !

De nombreuses réflexions du narrateur m’ont fait penser au fameux « Je est un autre » rimbaldien. L’homme est bien une « mosaïque », faite à partir de nos choix mais aussi de nos renoncements.

Beaucoup d’autres personnages du roman éprouvent d’ailleurs cette aspiration à devenir un autre : une vendeuse de surgelés qui rêve de devenir œnologue ou encore une secrétaire qui s’invente une aventure avec son patron. Mais rêver d’une vie meilleure , vouloir connaître « l’ivresse des cîmes et des profondeurs » en changeant d’identité, n’est-ce pas à nos risques et périls ?

Je ne peux donc que vous inviter à lire ce roman si vous ne le connaissez pas, car en plus d’être une fiction bien écrite et distrayante, il pose des questions fondamentales sur les rapports que nous pouvons avoir avec notre « identité » sans cesse fluctuante.

Une belle découverte qui me donne envie de lire d’autres romans de cet auteur !

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3 réflexions sur “Quelqu’un d’autre

  1. J’adore cet auteur, et cette thématique est vraiment au cœur des problématiques de notre sociétés depuis quelques temps, je trouve. Je le mets dans ma liste! (je vais peut-être découvrir que JE suis une AUTRE? ahhh, j’ai hâte de le lire… ;-) )

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